Critiques de film 2ème trimestre (année 2014-2015)

Déposez ici, en publiant un commentaire, vos critiques de films. Un film dans les salles en ce moment, ou un film découvert en dvd ou à la télé, partagez votre vision du travail du cinéaste.

3 commentaires:

  1. "Astérix et le Domaine des Dieux" de Louis Clichy
    Dans ce nouvel opus de la légendaire sage d'Astérix le Gaulois nous retrouvons le personnage éponyme accompagné d'Obélix dans leur lutte contre Jules César. Dans cet épisode, César, construit un quartier résidentiel de luxe autour du village d'irréductibles Gaulois afin de soumettre ce dernier à l'autorité de Rome.
    Cette nouvelle franchise utilise l'infographie et renoue ainsi avec les anciens dessins animés d'Astérix. En plus d'apporter un certain renouveau de l'univers Gaulois, elle permet l'apparition d'un nouveau contexte et de nouveaux personnages. En cela le film est un chef d'oeuvre qui sait tirer parti du meilleur de la Bande Dessinée tout en corrigeant le pire. On retrouve ainsi les différents gags et les différentes pointes d'humour tout au long du film sans que ceux-ci ne deviennent trop lourds. C'est à dire que l'infographie permet enfin une scène de bagarre gauloise telle qu'on l'imagine. De même, les personnages possèdent la même profondeur dans le film que dans la Bande Dessinée ; Le chef des esclaves se retrouve ainsi piéger par sa propre gentillesse et ses propres tendances égalitaires. Les références employées par le réalisateur sont ici encore simples et efficaces. Dans la bande annonce Panoramix se réfère à une réplique de Gandalf extraite du "Seigneur des Anneaux" avant d'être facilement écarté par un romain. On retrouve donc un humour léger, même après des références dont la compréhension n'est pas indispensable. On pourrait croire que cet opus n'est comme les anciens films de la saga -je pense notamment à "Astérix au service de sa Majesté"- qu'un enchainement de blagues plus ou moins liées entre elles. Pourtant il en est tout autres, on trouve dans ce film une réelle aventure avec l'apparition de nouveaux personnages qui, même s'ils sont simples en apparences, donnent une nouvelle profondeur à l'histoire. On regrettera simplement le doublage d'Obélix par Guillaume Briat qui, selon moi, désincarne le personnage et vient pâlir la perfection du doublage des autres personnages.
    Ce film est donc une réussite que je conseille vivement car il s'adresse tant bien aux enfants qu'aux adultes.

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  2. Imitation Game est tout simplement un film de Morten Tyldum à couper le souffle. Du rire aux larmes, des larmes à l’angoisse, toute émotion est ressentie lorsque l’on découvre l’histoire d’Alan Turing. On ne peut que se laisser emporter dans sa fabuleuse conception d’une machine qui va permettre de décoder les messages allemands, et ainsi raccourcir la seconde guerre mondiale de deux ans. Tout brille pour le mathématicien lors de la mise en oeuvre de sa machine qu’il a nommée Christopher, en souvenir de son seul ami à l’université. Néanmoins, c’était loin d’être gagné pour ce savant à la découverte du boîtier Enigma. Alan était en effet seul contre tous, qui ne considéraient absolument pas sa machine comme étant la bonne solution. Bien qu’arrogant, autoritaire et impassible, on finit par s’attacher à ce personnage, qui malheureusement ne connaîtra pas une fin joyeuse. (Maud)

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  3. Mathieu Delaporte a connu un immense succès avec son film Le Prénom, et c’est à la tête d’un nouveau film qu’il espère rééditer l’exploit: Un Illustre Inconnu. Le personnage principal est un homme, qui ne peut s’épanouir qu’à partir du moment où il prend possession de l’identité d’autres personnes. Sébastien Nicolas souffre d’un trouble identitaire, la “dépersonnalisation”. Il trouve son équilibre en s’accaparant de la vie des autres, en jouant un rôle. Il n’existe que par le bias du corps des autres.

    Ce film devient très rapidement inquiétant, jusqu’à devenir même un thriller machiavélique. En effet Sebastien Nicolas suit un protocole presque militaire pour pouvoir devenir quelqu’un d’autre. Une fois la cible choisie il l’observe pendant de longues journées, passe le reste de son temps libre devant un miroir afin de changer de visage. Tel un psychopathe il reste des jours dans un garage avec l’esprit obnubilé par sa proie. Il s’approprie leur vie pour un certain temps. Jusqu’à ce que son propre rôle le prenne au piège.

    La composition de Mathieu Kassovitz qui incarne le rôle de Sébastien Nicolas est totalement exceptionnelle. Il parvient à exprimer à la perfection les sentiments du personnage, en évoluant tout au long du film. Il prouve une nouvelle fois sa place parmi les grands acteurs français actuels.

    Un Illustre Inconnu dispose aussi d’une musique notable, signée Jérôme Rebotier elle accompagne l’image tout le long du film. Elle souligne l’atmosphère suffocante, alarmante. Elle organise avec justesse un univers très noir. Des changements importants de rythme, ne laisse aucune relâche au spectateur qui est lui même embarqué dans ce thriller.

    Le nouveau film de Mathieu Delaporte se révèle n’être en aucun cas une analyse psychologique, mais plutôt une immersion immédiate dans la vie d’un personnage énigmatique, tragique. Ce choix très intelligent permet au spectateur de voir en Sébastien Nicolas ses hantises personnelles.

    Un Illustre inconnu est un film très subtil, que je recommande à tous.
    Guillaume

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